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2ème Pilier, le plan 1e : la prévoyance des hauts revenus, entre liberté et risque assumé ?


La plupart des salariés suisses subissent leur 2e pilier : une caisse de pension choisit la stratégie, fixe le rendement crédité, et redistribue discrètement une partie des gains des actifs vers les retraités. Le plan 1e renverse cette logique. Il vous rend les commandes — et, avec elles, l'entière responsabilité du résultat. Tour d'horizon d'un outil puissant, encore méconnu, et qui ne convient pas à tout le monde.


Qu'est-ce qu'un plan 1e ?


Le nom vient de l'article 1e de l'OPP 2, l'ordonnance qui l'encadre. Il s'agit d'un plan de prévoyance surobligatoire réservé aux cadres et dirigeants, qui ne couvre que la tranche de salaire la plus élevée : en 2026, la part comprise entre CHF 136'080 (1,5 × le plafond LPP) et CHF 907'200.


Sa particularité tient en une phrase : l'assuré choisit lui-même sa stratégie de placement parmi celles proposées par sa fondation — de la plus prudente à une allocation pouvant atteindre près de 100 % d'actions. En contrepartie, depuis la révision de la loi sur le libre passage entrée en vigueur en 2017, l'assuré supporte intégralement le risque de marché. Pas de rendement minimal garanti, pas de taux de conversion : à la sortie, vous recevez la valeur réelle de votre portefeuille, ni plus ni moins.


Combien de personnes en bénéficient en Suisse ?


Beaucoup moins qu'on ne le croit. Le 1e reste une niche : selon l'autorité fédérale de surveillance (CHS PP), les institutions 1e ne pèsent que 1,3 % du capital de prévoyance du 2e pilier, soit environ CHF 13 milliards — face à un 2e pilier qui dépasse les 1'200 milliards et compte près de 4,8 millions d'assurés actifs.


En nombre de têtes, on parle vraisemblablement de quelques dizaines de milliers d'assurés seulement. Pour donner un ordre de grandeur concret : un seul acteur spécialisé, finpension, revendique près de 6'000 assurés 1e pour environ CHF 1 milliard, soit une moyenne de CHF 167'000 par personne. La tendance, elle, est clairement à la hausse : la part du 1e progresse chaque année, portée par les fondations collectives (finpension, Liberty, Swisscanto, PensExpert, AXA, Swiss Life…) qui démocratisent l'accès pour les PME.


Les avantages


  • La liberté de placement. Vous calez votre allocation sur votre horizon et votre tolérance au risque. Pour un dirigeant de 40 ans avec 20 ans devant lui, une stratégie fortement actions peut transformer le rendement de long terme — là où une caisse classique crédite souvent le strict minimum.


  • Zéro redistribution. Dans une caisse traditionnelle, une partie de vos gains finance les rentes des retraités et les promesses faites à d'autres. Dans un 1e, 100 % de la performance vous revient. Votre capital est isolé, individualisé, transparent.


  • L'optimisation fiscale. Les rachats dans le 1e sont déductibles du revenu imposable, le capital fructifie à l'abri de l'impôt, et il échappe à l'impôt sur la fortune pendant toute la phase d'épargne. Pour un haut revenu fortement taxé, le levier est considérable.


  • La portabilité. Le capital reste le vôtre. En cas de changement d'employeur disposant aussi d'un 1e, les titres peuvent souvent être transférés en nature, sans passer par la case vente.


Les inconvénients


  • Le risque, entièrement sur vos épaules. C'est le revers exact de la liberté. Si les marchés chutent au mauvais moment, vous pouvez vous retrouver avec moins que vos cotisations versées. Aucune garantie ne vous protège.


  • Le risque de timing à la sortie. Le danger se cristallise au départ de l'entreprise ou à la retraite : la valeur est figée à une date précise. Quitter son employeur en plein creux boursier, c'est matérialiser la perte. La gestion du calendrier devient une compétence à part entière.


  • Réservé aux hauts revenus. En dessous de CHF 136'080 de salaire, le 1e n'a tout simplement pas d'objet. C'est un outil de cadre supérieur, de dirigeant ou d'indépendant bien rémunéré.


  • La complexité. Frais à surveiller de près (ils peuvent grignoter le rendement), nécessité que l'employeur mette en place le plan, et transferts parfois délicats vers la prévoyance classique. Sans oublier le risque comportemental : la liberté de choisir sa stratégie inclut la liberté de paniquer et de vendre au pire moment.


Pour qui le 1e a-t-il du sens ?


Le profil idéal se résume à trois conditions cumulatives :

  • un salaire nettement supérieur à CHF 136'080,

  • un horizon de placement long* (idéalement 10 ans et plus), et

  • une vraie capacité à encaisser la volatilité sans céder à la panique.


Si ces trois cases sont cochées, le 1e est l'un des rares dispositifs qui combinent liberté d'investissement, efficience fiscale et capital pleinement individualisé.


Pour les entrepreneurs, il existe même un angle souvent négligé : structurer son 1e via sa propre société permet de piloter à la fois le salaire, les rachats et la stratégie — un terrain de jeu particulièrement intéressant dans une optique d'indépendance financière.


Le 1e n'est ni un gadget ni une solution miracle. C'est un outil de spécialiste, qui récompense ceux qui le maîtrisent et sanctionne l'improvisation.



En résumé : Le 1e n'est ni un gadget ni une solution miracle. C'est un outil de spécialiste, qui récompense ceux qui le maîtrisent et sanctionne l'improvisation.



Deux notions clés à connaître


Deux termes reviennent sans cesse dès qu'on parle de 2e pilier. Les voici décodés.


  1. Le taux de conversion. C'est le taux qui transforme votre *capital de vieillesse accumulé en rente annuelle au moment de la retraite. Le minimum légal sur la part obligatoire LPP est de 6,8 % : avec CHF 100'000 de capital, vous touchez CHF 6'800 de rente par an, à vie. Sur la part surobligatoire, les caisses appliquent leurs propres taux, nettement plus bas — autour de 5,2 à 5,3 % en moyenne, et en baisse continue, car l'espérance de vie s'allonge et les rendements obligataires ont longtemps été faibles. Moins le taux est élevé, plus il faut de capital pour la même rente.


  1. La loi sur le libre passage (LFLP). C'est la loi fédérale qui régit ce qu'il advient de votre 2e pilier lorsque vous quittez une caisse de pension avant un cas de prévoyance (retraite, invalidité, décès). Concrètement, elle définit la prestation de sortie — le capital que vous emportez en changeant d'emploi — et encadre sa destination : la caisse de votre nouvel employeur, ou, à défaut, un compte ou une police de libre passage. Son article 17 prévoit en principe une garantie minimale : vous devez récupérer au moins vos cotisations versées, majorées des intérêts.



Ta situation justifie-t-elle un plan 1e ? Salaire, horizon, structure d'entreprise, calendrier de sortie : chaque paramètre change la réponse.

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Cheers,

Flavien @ The Investor Group

 
 
 

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