Et si la prochaine crise était vraiment grave ?
- eyport62
- il y a 1 jour
- 5 min de lecture

Endettement record, inflation, difficultés d’approvisionnements (pétrole, gaz,…), géopolitique (Ormouz, Ukraine et Taiwan), élections (Midterms aux USA, Présidentielles en France,…). Et si la prochaine crise était vraiment grave ?
7 façons de rendre votre patrimoine plus résilient
Dans notre précédent article, nous évoquions l'avertissement surprenant de Nicolai Tangen, patron du fonds souverain norvégien : même un portefeuille de plus de 2 000 milliards de dollars, investi dans quelque 7 100 entreprises, n'est pas à l'abri d'une crise extrême.
Pour l'investisseur individuel, la réaction instinctive serait de chercher le prochain actif refuge. Or la meilleure protection contre une crise financière n'est probablement pas de prévoir ce qui va baisser, mais de s'assurer que l'on pourra tenir suffisamment longtemps pour ne pas être obligé de vendre.
Au-delà de la diversification, voici sept lignes de défense.
1. Constituer une vraie réserve de liquidités
Le cash a un défaut évident : à long terme, il rapporte généralement moins que les actifs risqués.
Mais en pleine crise, sa fonction n'est pas de rapporter. C'est de vous acheter du temps.
Une réserve couvrant typiquement 6 à 12 mois de dépenses peut éviter de devoir vendre des actions après une chute de 40 %, précisément au pire moment.
Pour un retraité, un indépendant ou quelqu'un dont les revenus sont cycliques, une réserve plus importante peut être justifiée. Vanguard rappelle d'ailleurs que le cash sert avant tout à couvrir les dépenses proches et les imprévus, permettant au reste du portefeuille de conserver son horizon de long terme.
La liquidité n'est donc pas seulement un actif : c'est une assurance contre la vente forcée.
2. Traquer le véritable ennemi : le levier
Une action peut perdre 50 % puis remonter. Avec trop de dette, vous n'aurez peut-être pas le luxe d'attendre.
Crédit Lombard, immobilier fortement hypothéqué, produits à levier ou marge chez un courtier ont tous le même défaut : ils peuvent transformer une baisse temporaire des prix en perte définitive de capital.
La question à se poser n'est donc pas seulement :
« Combien puis-je emprunter ? »
mais :
« Que se passe-t-il si mes actifs chutent de 40 %, mes revenus de 20 % et mes taux de financement augmentent simultanément ? »
La question est particulièrement pertinente en Suisse : la BNS souligne encore en 2026 la persistance de vulnérabilités sur le marché immobilier résidentiel et des ratios dette/revenu historiquement élevés chez certains nouveaux emprunteurs.
3. Diversifier… aussi ses banques et ses dépositaires
La faillite de Credit Suisse l'a rappelé : le risque financier ne se limite pas au cours de vos ETFs.
Pour un patrimoine important, concentrer toutes ses liquidités, titres, crédits et moyens de paiement auprès d'une seule institution crée un risque opérationnel inutile.
Disposer de deux relations bancaires indépendantes, de plusieurs moyens de paiement et éventuellement d'un courtier distinct peut sembler superflu en période normale.
C'est précisément le principe d'une assurance : elle paraît inutile jusqu'au jour où elle ne l'est plus.
4. Séparer l'argent dont vous aurez besoin de celui qui peut attendre
Un investisseur ayant besoin de 100 000 CHF dans deux ans pour acheter un logement ne devrait pas raisonner comme celui qui investit pour sa retraite dans vingt ans.
La règle est simple : plus une dépense est proche et indispensable, moins son financement devrait dépendre des marchés.
Cash et placements très courts pour les besoins immédiats ; obligations de qualité pour certains horizons intermédiaires ; actifs plus volatils pour le capital réellement investi à long terme.
Cette segmentation réduit surtout un risque souvent sous-estimé : être obligé de vendre au mauvais moment.
5. Protéger son capital humain
Dans une grande crise, deux événements peuvent survenir simultanément : votre portefeuille baisse et votre emploi devient moins sûr.
En 2008, ce double choc fut beaucoup plus douloureux que la seule baisse du S&P 500.
La diversification doit donc concerner également les sources de revenus : maintenir son employabilité, développer des compétences transférables, conserver une capacité d'épargne et, lorsque c'est possible, éviter que salaire, bonus et portefeuille dépendent tous du même secteur économique.
Votre plus gros actif n'est d'ailleurs souvent ni votre maison ni votre portefeuille : c'est la valeur actualisée de vos revenus futurs.
6. Écrire son plan de crise avant la crise
Imaginez une baisse de l'indice MSCI World de 40 %. Faut-il acheter ? Vendre ? Rééquilibrer ? Ne rien faire ?
Il vaut mieux répondre aujourd'hui.
On peut par exemple décider à l'avance de rééquilibrer lorsque l'allocation s'écarte significativement de sa cible, de poursuivre ses investissements mensuels et de ne modifier son allocation stratégique que si sa situation personnelle — et non les gros titres — a changé. Pourquoi ?
Parce qu'après un effondrement, le cerveau cherchera surtout à "arrêter la douleur".
Les données historiques montrent justement le danger de sortir des marchés après une forte baisse : les meilleures séances surviennent souvent à proximité des pires et attendre « que la situation se calme » peut faire manquer une partie importante du rebond.
7. Garder une capacité d'achat
Il existe enfin une différence fondamentale entre survivre à une crise et pouvoir en profiter. Un investisseur sans levier excessif, disposant de liquidités suffisantes, de revenus relativement solides et d'un portefeuille équilibré n'a pas seulement moins de risques de vendre au plus bas.
Il peut continuer à investir.
Lorsqu'un actif de qualité passe de 100 à 60, celui qui doit vendre vit une catastrophe. Celui qui dispose encore de capital à investir voit aussi apparaître un rendement futur potentiellement supérieur.
C'est pourquoi une certaine marge de sécurité peut sembler inefficace pendant les années euphoriques… mais devenir extrêmement précieuse lorsque les marchés cessent de l'être.
La vraie diversification est celle de votre vie financière
La leçon de Nicolai Tangen ne consiste pas à construire un bunker financier, acheter de l'or et attendre l'apocalypse. Elle est plus subtile.
On ne sait pas quelle forme prendra la prochaine crise.
En 2000, le problème était la technologie. En 2008, le crédit et l'immobilier. En 2020, une pandémie. La prochaine crise viendra probablement, elle aussi, d'un endroit que le consensus regarde mal.
Plutôt que de chercher à la prévoir, construisons donc un patrimoine capable de l'encaisser.
Un portefeuille diversifié.
Des liquidités.
Un endettement maîtrisé.
Plusieurs accès au système financier.
Des revenus résilients.
Et surtout, un plan décidé avant que la peur ne décide à notre place.
La meilleure protection contre une crise n'est peut-être pas de savoir quand elle arrivera. C'est de faire en sorte qu'elle ne puisse jamais te forcer à vendre.
N’attends pas, tu ne sais pas quand la prochaine crise va frapper : prépare ton patrimoine à l'imprévisible.
Tu veux te préparer, y voir clair dans ta situation patrimoniale, n’hésite pas à nous contacter ou à réserver un entretien individuel.
Cheers,
Etienne @ The Investor Group
20 août 2026
Cet article est fourni à titre éducatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé.



Commentaires