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Atteindre le Coast FIRE grâce au 2e pilier ?

Dernière mise à jour : il y a 2 jours


Le mouvement FIRE (Financial Independence, Retire Early) a beaucoup mûri. En 2026, on ne parle plus seulement de tout plaquer à 40 ans : les variantes les plus recherchées sont le Coast FIRE et le Barista FIRE, des approches plus souples de l'indépendance financière. La plus intrigante pour un résident suisse est sans doute le Coast FIRE — car il se pourrait que vous en soyez déjà un adepte sans le savoir.


Le Coast FIRE, c'est quoi ?


Le Coast FIRE désigne le moment où votre capital investi est suffisant pour atteindre tout seul, par la seule magie des intérêts composés, le montant nécessaire à votre retraite — sans que vous ayez besoin d'épargner un franc de plus. Vous continuez à travailler pour couvrir vos dépenses courantes, mais vous pouvez arrêter d'épargner pour la retraite. Votre portefeuille « roule en roue libre » (to coast) jusqu'à l'objectif.

À ne pas confondre avec le Barista FIRE, où l'on quitte le temps plein pour un emploi à temps partiel, en piochant parfois dans son capital pour compléter ses revenus. Le Coast FIRE, lui, ne touche pas au capital : il le laisse capitaliser intact.


Le calcul du « Coast number »


Le principe est simple. Estimez d'abord le capital cible à la retraite (par exemple 25 fois vos dépenses annuelles, selon la règle des 4 %). Puis actualisez ce montant à aujourd'hui avec un rendement réel attendu. Exemple : un objectif de 1 500 000 CHF à 65 ans, avec un rendement réel de 5 % et 30 ans d'horizon, exige aujourd'hui environ 347 000 CHF. Au-delà de ce seuil, vous avez atteint votre Coast FIRE : le temps fait le reste.


La spécificité suisse : vous épargnez déjà sans le vouloir


C'est ici que la Suisse change la donne. Grâce au 2e pilier obligatoire, chaque salarié accumule mois après mois un capital de prévoyance qui bénéficie d'un taux d'intérêt minimal garanti et qui compose pendant des décennies. À cela s'ajoutent, pour beaucoup, un 3e pilier alimenté régulièrement et un portefeuille d'ETF. Autrement dit : une partie importante de votre « Coast number » est constituée automatiquement, par prélèvement à la source, que vous y pensiez ou non.


Conséquence provocatrice : de nombreux salariés romands trentenaires ou quadragénaires sont déjà, mathématiquement, en situation de Coast FIRE — leur prévoyance accumulée suffirait à financer une retraite décente à 65 ans sans nouvel apport. Ce qu'ils continuent d'épargner ne sert pas à « atteindre » la retraite légale, mais à l'avancer ou à l'enrichir.


Les pièges à ne pas sous-estimer


Le raisonnement a ses limites. Premièrement, l'avoir du 2e pilier est largement bloqué jusqu'à la retraite (sauf accession à la propriété, départ à l'étranger ou lancement d'une activité indépendante) : il sécurise vos 65 ans, mais ne finance pas une retraite anticipée à 45 ans. Deuxièmement, le taux de conversion baisse et la rente promise se réduit, ce qui peut gonfler le capital réellement nécessaire. Troisièmement, le Coast FIRE est très sensible aux hypothèses de rendement et d'inflation : 1 % d'écart sur 25 ans change tout.


Comment piloter son Coast FIRE en Suisse romande


L'intérêt du concept est moins de « rouler en roue libre » que de clarifier ses arbitrages. Une fois le Coast number atteint, on peut consciemment redéployer son épargne : réduire son taux d'activité, financer un projet, ou au contraire viser un FIRE plus ambitieux via un portefeuille libre (ETF en compte-titres), seul vraiment accessible avant 60 ans. La clé est de distinguer deux poches : la prévoyance liée (2e/3e pilier), qui sécurise la retraite légale, et le capital libre, qui finance la liberté anticipée.


Le Coast FIRE n'est donc pas une destination, mais un changement de regard : et si la vraie question n'était pas « combien dois-je encore épargner ? », mais « pour quoi continuer à épargner, maintenant que le plus dur est fait ? ». En Suisse, plus qu'ailleurs, cette question se pose probablement plus tôt que vous ne le pensez.


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Cheers,

Flavien @ The Investor Group


Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement ou en prévoyance personnalisé.

 
 
 

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