Franc fort : faut-il couvrir le risque de change sur ses investissements ?
- The Investor Group

- il y a 1 jour
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C'est l'éternel casse-tête de l'investisseur suisse : on épargne et on dépense en francs, mais l'essentiel des actions mondiales se libelle en dollars, en euros ou en yens. Or le franc, valeur refuge, a tendance à s'apprécier sur le long terme. Avec une Banque nationale suisse à 0 % et une inflation faible en 2026, la question revient sur le devant de la scène : faut-il couvrir le risque de change de ses ETF ?
Le franc, gagnant de long terme
Historiquement, le franc s'est apprécié face à l'euro et au dollar pendant des décennies. Pour un investisseur en CHF, cela signifie qu'une partie des gains réalisés sur des actions étrangères peut être grignotée, une fois reconvertie en francs, par la baisse des devises étrangères. Un MSCI World non couvert peut ainsi afficher une performance en CHF inférieure à sa performance en devise locale — c'est le « coût » caché du franc fort.
Couvert ou non couvert : comment ça marche
Un ETF « CHF hedged » neutralise ce risque de change en vendant à terme les devises étrangères, généralement sur un mois avec renouvellements mensuels. Vous touchez alors la performance de l'indice en devise locale, débarrassée des variations EUR/CHF ou USD/CHF. La version non couverte (« unhedged »), elle, vous laisse exposé : vous gagnez si les devises montent contre le franc, vous perdez si elles baissent.
Mais la couverture a un coût. Il dépend du différentiel de taux d'intérêt entre le franc et les devises couvertes. Avec des taux américains nettement supérieurs aux taux suisses, couvrir le dollar coûte cher — ce coût annuel peut atteindre plusieurs pourcents et rogner durablement la performance. Couvrir l'euro, dont les taux sont plus proches des taux suisses, coûte beaucoup moins.
Actions ou obligations : la nuance clé
La réponse n'est pas la même selon la classe d'actifs. Pour les actions, la volatilité des marchés domine très largement celle des devises : sur un horizon long, couvrir le change apporte peu et coûte souvent plus qu'il ne rapporte. La plupart des stratégies passives recommandent de laisser les actions non couvertes. Pour les obligations étrangères, en revanche dont la performance est mois élevée que sur les actions, le change peut représenter l'essentiel du risque. Ici, la couverture en CHF a tout son sens, car elle préserve la fonction stabilisatrice de la poche obligataire.
Que faire concrètement ?
Pour un investisseur romand de long terme en phase d'accumulation, la règle pragmatique est : actions mondiales non couvertes (on accepte le risque de change, faible face au risque actions et coûteux à couvrir), et obligations en devises couvertes en CHF. Pour quelqu'un proche du FIRE, qui vivra de retraits en francs, il peut être pertinent d'augmenter la part couverte à l'approche du décaissement, afin de réduire la sensibilité de son train de vie aux soubresauts du franc.
Au fond, couvrir son change n'est pas « pour ou contre » : c'est un arbitrage entre performance tranquille et coût, qui dépend de votre horizon, de la classe d'actifs et de votre tolérance aux écarts. Le franc fort est une bénédiction quand on dépense et un vent de face quand on investit à l'étranger — autant en faire un choix conscient plutôt qu'un angle mort.
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Cheers,
Etienne @ The Investor Group
Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé.



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