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ETFs de défense : faut-il investir dans le réarmement de l'Europe ?

Dernière mise à jour : 24 juin


Depuis l'invasion de l'Ukraine et le tournant budgétaire de l'Europe en faveur du réarmement, la défense est devenue l'un des thèmes d'investissement les plus puissants de la décennie. Le programme « ReArm Europe » à l'initiative de l'Union Européenne, la hausse des budgets militaires vers 3 à 5 % du PIB et un contexte géopolitique tendu — du flanc Est à un Moyen-Orient instable — ont propulsé les actions du secteur. Faut-il pour autant acheter un ETF de défense européenne en 2026 ?


Une méga-tendance, mais déjà bien valorisée


Les chiffres donnent le vertige. Sur 2025, certains ETFs de défense européenne ont bondi d'environ 55 %, quand leur équivalent américain progressait d'à peine 17 %. Des valeurs comme Rheinmetall sont devenues des symboles du réarmement du continent. Mais 2026 a rappelé que ces paniers étroits sont volatils : après un repli en début d'année sur fond de craintes de cessez-le-feu, les ETFs du secteur sont repassés péniblement en territoire positif. Le moindre espoir de paix, retard budgétaire ou report de commande peut faire décrocher le groupe.


Quels ETFs pour s'exposer ?


Plusieurs produits cotés en Europe permettent de jouer le thème : des ETFs centrés sur l'aérospatiale et la défense européennes (BAE Systems, Rheinmetall, Airbus, Leonardo, Saab, Thales), et des fonds « Future of Defence » plus larges incluant cybersécurité et technologies duales. Pour un investisseur suisse, deux points méritent attention : la devise (la plupart sont libellés en EUR, à mettre en regard d'un franc fort) et la concentration — certains indices font reposer une part démesurée de la performance sur trois ou quatre titres.


Les vrais risques


Au-delà de la volatilité, trois risques dominent. La concentration sectorielle et par titre, d'abord : un ETF thématique n'est pas un fonds diversifié. Le risque de valorisation ensuite : une grande partie des hausses de budget est déjà dans les cours, et le secteur se traite à des multiples élevés. Enfin, la dimension éthique et ESG : la défense reste exclue de nombreux portefeuilles durables, ce qui peut peser sur la demande — mais aussi, paradoxalement, créer une décote pour ceux que cela ne rebute pas.


Quelle place dans un portefeuille suisse ?


La défense européenne est un pari thématique, pas un pilier de portefeuille. Pour la plupart des investisseurs romands, l'exposition raisonnable se compte en pourcents — une « poche satellite » de 2 à 5 % au maximum, autour d'un cœur diversifié (MSCI World, marché suisse, obligations). Mieux vaut y entrer progressivement qu'en une fois, tant la classe d'actifs réagit fortement aux gros titres. Et il faut accepter l'idée que ce thème puisse refluer aussi vite qu'il a flambé : un pari sur une rupture géopolitique de long terme, pas un placement de bon père de famille.


En résumé : la tendance du réarmement est réelle et structurelle, mais une bonne histoire n'est pas toujours un bon prix d'entrée. À aborder avec discipline, dimensionnement modeste et sang-froid face à la volatilité.


Pour ceux qui croient à ce thème à long terme et au bon niveau d'entrée en termes de valorisation, voici un tableau récapitulant les principaux ETFs sur la défense avec leurs caractéristiques.


Tableau 1: ETFs sur le thème de la défense au sens large



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Cheers,

Etienne @ The Investor Group


Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas une recommandation d'achat ou de vente. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

 
 
 

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