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Guerre commerciale - droits de douane Qu'est-ce qu'ils changent pour vos placement ?



Après une décennie de mondialisation heureuse, les droits de douane sont redevenus, en 2026, une arme macroéconomique de premier plan. Nouvelles salves tarifaires américaines, mesures de rétorsion, réorganisation des chaînes d'approvisionnement : le sujet n'est plus réservé aux pages économie. Il s'invite désormais dans la trajectoire des taux d'intérêt et, par ricochet, dans la performance de votre portefeuille. Décryptage pour un investisseur piloté depuis la Suisse.



1. Ce qui se joue réellement  


Un droit de douane est une taxe sur les importations. Son but affiché est de protéger la production nationale ; son effet mécanique est de renchérir les biens importés. Lorsqu'une grande puissance en généralise l'usage, ses partenaires ripostent, et l'on entre dans une logique d'escalade. Les entreprises réagissent en relocalisant, en changeant de fournisseurs ou en constituant des stocks — autant de frictions qui grippent des chaînes d'approvisionnement optimisées depuis trente ans.

 

2. Le canal clé : l'inflation donc dilemme pour les banques centrales


Droits de douane égale inflation... donc dilemme pour les banques centrales.

C'est là que l'investisseur doit être attentif. Un choc tarifaire agit comme un choc d'offre : il pousse les prix à la hausse tout en freinant la croissance. Pour une banque centrale, c'est le pire des scénarios — le fameux risque de stagflation. Baisser les taux pour soutenir l'activité, c'est risquer d'alimenter l'inflation ; les maintenir élevés pour juguler les prix, c'est peser sur une économie déjà fragilisée. La Réserve fédérale américaine se retrouve précisément coincée dans cet étau, ce qui explique pourquoi les attentes de baisses de taux ont été régulièrement repoussées.

 

3. Une grande divergence des politiques monétaires


  • États-Unis (Fed) : inflation importée par les droits de douane, marges de manœuvre réduites, calendrier de baisses incertain.

  • Zone euro (BCE) : plus exposée au ralentissement de la demande qu'à l'inflation tarifaire, donc davantage encline à assouplir.

  • Suisse (BNS) : une inflation déjà très basse et un franc fort qui absorbe une partie du choc, laissant à la Banque nationale une trajectoire à part — proche de zéro, avec la gestion du change comme véritable enjeu.

 

4. La Suisse : bouclier et lignes de faille


Le franc joue son rôle habituel de valeur refuge : en période de tensions commerciales, il s'apprécie, ce qui importe de la désinflation et protège le pouvoir d'achat intérieur. C'est le bouclier. Mais la médaille a un revers. L'économie suisse est ouverte et exportatrice : pharmacie, machines-outils, instruments de précision et horlogerie sont en première ligne face aux barrières douanières et à un franc trop cher. Un même événement peut donc être favorable au consommateur helvétique et défavorable à ses champions industriels — nuance essentielle pour construire un portefeuille.

 

5. Ce que cela implique pour votre portefeuille


  • Diversifier au-delà des États-Unis. Une concentration excessive sur les grandes valeurs américaines expose directement au risque tarifaire et à la cherté des marchés US.

  • Surveiller la sensibilité sectorielle. Les exportateurs cycliques souffrent d'un franc fort ; les valeurs domestiques et défensives sont plus abritées.

  • Considérer l'or comme diversifiant. Historiquement, il performe quand l'incertitude géopolitique et la défiance monétaire montent.

  • Réfléchir à la couverture de change. Détenir des actifs en USD lorsque le dollar se déprécie face au franc peut éroder discrètement la performance d'un investisseur en CHF.

  • Garder de la duration avec discernement. Si l'inflation tarifaire persiste, les taux longs peuvent rester plus hauts, plus longtemps que ne l'anticipent les marchés.


 6. En une phrase


Les droits de douane ne sont pas qu'une question de commerce : ce sont des chocs d'inflation qui redessinent la trajectoire des taux — et un investisseur suisse averti se positionne pour cette divergence plutôt que de la subir.



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Cheers,

Etienne @ The Investor Group

3 septembre 2026



Cet article est fourni à titre éducatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé.

 



 
 
 

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