Uranium et nucléaire : faut-il un ETF 'atome' dans votre portefeuille ?
Dernière mise à jour : il y a 46 minutes

Début 2026, l'uranium a franchi la barre des 100 dollars la livre pour la première fois en deux ans, avec un bond d'environ 25 % sur le seul mois de janvier. Côté Bourse, la performance donne le vertige, certains de ces ETFs ont plus que doublé sur 1 an et demi. Le moteur de cette envolée n'est pas idéologique, il est physique : il s'agit d'électrons. Et plus précisément, de ceux que réclament les centres de données de l'intelligence artificielle. Faut-il, en tant qu'investisseur suisse, ajouter une dose d'’’atome’’ à son portefeuille ?
1. Pourquoi le nucléaire redevient un thème d'investissement
La demande d'électricité des centres de données explose. S&P Global anticipe un quasi-triplement de leur consommation d'ici 2030 ; aux États-Unis, ils pourraient absorber jusqu'à 12 % de l'électricité dès 2028. Or ces infrastructures ont besoin d'une énergie disponible 24h/24, décarbonée et stable — exactement le profil du nucléaire. Résultat : les géants de la tech signent des accords directs avec des producteurs (Microsoft et la relance de Three Mile Island, Amazon et la centrale de Susquehanna via Talen).
À cette demande nouvelle s'ajoutent les redémarrages de réacteurs, l'essor des petits réacteurs modulaires (SMR), un soutien politique inédit depuis vingt ans… et, en face, une offre minière en déficit structurel. C'est cette équation — demande qui accélère, offre qui peine à suivre — qui sous-tend le marché haussier de l'uranium.
2. Comment s'exposer via des ETFs
Il existe deux grandes familles d'instruments.
La première famille d’ETFs vise mineurs d'uranium et l'uranium physique. C'est l'exposition la plus pure au prix du métal, mais aussi la plus volatile.
La deuxième famille d’ETFs couvre toute la chaîne de valeur nucléaire, à savoir services publics, constructeurs de réacteurs, combustible. Leurs expositions sont plus diversifiées et donc moins volatile.
Les tableaux 1 et 2 récapitulent ces principaux ETFs enregistrés en Europe (UCITS) avec leurs caractéristiques propres, code ISIN, indice de référence (benchmark), frais (TER), place de cotation, actifs en gestion.
Tableau 1: Sélection d'ETFs couvrant les mineurs d'uranium et l'uranium physique

Tableau 2: Sélection d'ETFs sur la chaine de valeur du nucléaire au sens large

Pour un investisseur basé en Suisse, deux points pratiques sont importants.
D'abord, il faut privilégier les versions UCITS (européennes) lorsqu'elles existent, par exemple celles qui sont affichées dans les tableaux 1 et 2, plus adaptées fiscalement et réglementairement qu'un ETF américain.
Ensuite, il convient de suivre la devise : la quasi-totalité de ces produits sont libellés en dollars, ce qui ajoute une composante risque de change CHF/USD à un thème déjà très volatile.
3. Les risques à ne pas sous-estimer
Soyons clairs : ces ETF peuvent perdre 40 à 50 % en quelques mois. Après des hausses de plus de 100 %, une partie du scénario est déjà dans les cours. Le marché spot de l'uranium est étroit et peu liquide, donc sujet à de violents revirements de sentiment. S'y ajoutent le risque réglementaire et politique, le risque d'accident toujours présent dans l'opinion, et une forte concentration : quelques titres dominent les indices.
Enfin, le facteur franc : une appréciation du CHF — scénario crédible en 2026 — peut effacer une bonne partie d'une plus-value réalisée en dollars. Un thème porteur mal couvert reste un pari à deux dimensions.
4. Quelle place dans une allocation ?
Le nucléaire relève de la poche « satellite » ou thématique d'un portefeuille — quelques pourcents au maximum — et non du cœur de l'allocation, voir notre article du 12 août 2026 (Faut-il monter dans le train des ETFs thématiques ?) . Comme tout ETF thématique, il amplifie autant les bonnes performances financières que les moins bonnes. Il n'a sa place que chez l'investisseur qui :
- dispose déjà d'un socle diversifié (voir nos articles ETFs de défense : faut-il investir dans le réarmement de l'Europe ?) et
- accepte d'acheter une thèse énergétique de long terme, intrinsèquement volatile.
Autrement dit : le nucléaire peut être un excellent accélérateur dans un portefeuille discipliné, et un piège dans un portefeuille qui court après la performance du moment.
Chez The Investor Group, nous aidons les investisseurs de Suisse romande à intégrer les thématiques porteuses sans déséquilibrer leur stratégie de fond.
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Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas une recommandation d'achat ou de vente. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures
Cheers,
Etienne @ The Investor Group
8 septembre 2026
Cet article est fourni à titre éducatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé.



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